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L’île aux Lignes - Souvenir de Mwene Mutapa - Cartographie exotique d’une collection 2017 à Bourges - Cher / Foxoo
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Publié le 09/12/16 | Vues : 56


L’île aux Lignes - Souvenir de Mwene Mutapa - Cartographie exotique d’une collection 2017 à Bourges / Cher

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Evènement passé.

Du 5 janvier au 4 février 2017 à Bourges.

Une proposition de Nicolas de Ribou, composée de trois volets d'exposition d’oeuvres issues de la Collection Famille Servais, de rencontres et d'un espace de recherche réalisé en collaboration avec Fabrice Sabatier (.CORP) et Dieudonné Cartier.?
Avec les artistes Marcos Avila Forero, Fayçal Baghriche, Andrea Canepa, Bouchra Khalili, Daniela Ortiz, Paulo Nazareth et Rona Yefman
Et avec la collaboration des étudiants de l’Ensa : Alexandra Benhamou, Marine De-Garnier-Des-Garets, Anaïs Docteur, Joëlle Forestier, Jeanne Lacroix-Boettcher, Etienne Meignant et Manon Vallé
Exposition du jeudi 5 janvier au samedi 4 février 2017?Vernissage le 5 janvier à 18h?Conférences?Fabrice Sabatier le jeudi 5 janvier à 16h30 - galerie La Box?Françoise Vergès le mercredi 25 janvier à 11h30 - amphithéâtre de l’Ensa?
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A suivre : ?
L'île de la Mémoire?avec Taysir Batniji, Cengiz Çekil, Liu Chuang, Regina José Galindo, Fritzia Irízar, Iman Issa, Teresa Margolles, Sopheap Pich, Danh Vo?
du 9 février au 11 mars 2017?
vernissage le 9 février à 18h??
L'île aux Mythes?Khadim Ali, Meshac Gaba, Thiago Martins de Melo, Otobong Nkanga, Yoon Ji Seon, Shine Shivan, Santi Wangchuen, Entang Wiharso?
du 16 mars au 15 avril 2017?
vernissage le 16 mars à 18h??
Conférences?Tania Nasielsky, Karima Boudou, Annabela Tournon

Une légende date la fondation de l’empire du Mwene Mutapa dès la première moitié du XVe siècle par un prince du Zimbabwe, envoyé au nord du royaume pour y chercher de nouvelles mines de sel. Il aurait fait la conquête de ces terres en bordure de l’océan Indien, situées entre la Limpopo au sud et le Zambèze au nord, occupant de hauts plateaux à plus de 1000 mètres d’altitude, pour s’y établir sous le titre de Mwene Mutapa (le seigneur des mines), nom que porte également son empire. Le commerce de l’ivoire, du cuivre et de l’or avec les Arabes, les Hindous et les Indonésiens permet l’enrichissement de la region commencé quelques siècles auparavant comme le révèle Ibn Battuta en 1331 lors de sa visite des ports de Kilwa et Sofala, villes de marchands arabes qui deviendront ensuite comptoirs portugais. Les basses terres insalubres et les difficultés de navigation fluviale protègent pendant de nombreuses années le Mwene Mutapa et ses mines de la convoitise des colons de toutes origines, jusqu’à son déclin. Le Mwene Mutapa reste malgré tout objet de curiosité de la part des explorateurs, qui croient que les vestiges de pierre que les indigènes évoquent sont ceux du légendaire pays d’Ophir, d’où le roi Salomon tirait son or et ses trésors. Des fouilles archéologiques ont par ailleurs révélé la présence aux côtés d’objets africains en cuivre, or et ivoire, un certain nombre d’ustensiles et d’oeuvres d’art importés (perles indiennes, fragments de porcelaine chinoise, faïence persane et verre syrien), ainsi que des soieries et des cotonnades des Indes et d’Asie orientale.
Le marché de l’art contemporain a ses classiques, ses destinations, lieux de rendez-vous connus de tous, qu’il s’agisse de foires annuelles (Basel, Miami, Londres, New York, Paris, etc), de ventes selon les saisons (Sothebys, Christies et consorts) ou bien encore d’évènements chroniques (Biennale de Venise, Dokumenta Kassel, Skul'tur Project Munster, etc.). Là s’échange à des sommes astronomiques la production d’une minorité de créateurs occidentaux qu’une frange d’acheteurs également occidentaux s’arrache au sein d’une bulle financière rassurante. Cependant, de nouvelles dynamiques s’affirment dernièrement en révélant de nouvelles scènes émergentes, le Brésil et la Chine en tête, se répercutant sur leurs voisins : Mexique, Argentine, Colombie d’un côté, Japon, Indonésie, Inde, Singapour de l’autre, sans oublier également le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. La création et le développement d’initiatives aussi bien marchandes que culturelles (foires, biennales, fondation, etc) dans ces régions redessinent la carte des mouvements migratoires d’une espèce loin d’être en voie de disparition, le collectionneur. Tandis que ceux des scènes émergentes achètent majoritairement des artistes locaux, les autres partent en explorateur pour découvrir, apprécier et ramener les spécimens qui complèteront leur trésor, et attiseront la curiosité de leurs semblables. Pendant longtemps, les oeuvres d’art issues de ces pays entraient exclusivement dans des collections ethnographiques comme productions naturelles de leurs régions. Par la suite, la volonté d’étudier ces pièces pour leur propre langage plastique, d’en apprécier et d’en dégager le langage formel s’est fait jour. Quel(s) regard(s) portons-nous aujourd’hui sur les productions actuelles de ces territoires ? Qui sont leur(s) créateur(s) ? Quelles en sont leur(s) esthétique(s) ? Que nous enseignent-elles ? Quelle(s) motivation(s) à notre enthousiasme et à celui de ces collectionneurs globe-trotteurs ? Serait-ce le mauvais écho de notre passé colonial, ou bien une tentative d’ouverture à l’Autre ? Car l’exotisme n’est-il pas, comme le dit Victor Segalen, tout ce qui est Autre. Jouir de lui est apprendre à déguster le divers.
Cette recherche prendra comme objet la Collection Famille Servais. Conseiller financier indépendant et collectionneur averti, Alain Servais partage dans un loft de trois étages à Bruxelles, sa collection de quelques centaines d’oeuvres d’art contemporain acquises lors des vingt dernières années. Chaque année, il parcourt le monde axant désormais ses déplacements vers de nouveaux horizons. Dans sa collection, on trouve une orientation non occidentale, en réaction aux évolutions du monde. Selon lui, l’Occident s’enlise dans son confort en ignorant le reste du monde. « L’art occidental est actuellement un art de confort, il est devenu un produit de luxe, privé de sens ou d’objectif réel. Un jour, une connaissance habitant São Paulo m’a expliqué que l’art brésilien était d’une grande puissance parce qu’il représentait le paroxysme des tensions internes du pays. Je pense que l’art le plus fort est le fruit de tensions. En Occident, nous tentons de les supprimer artificiellement.»

L’île aux lignes – premier volet d’exposition de la proposition curatoriale de Nicolas de Ribou, Souvenir de Mwene Mutapa - Cartographie exotique d’une collection – regroupe les oeuvres de sept artistes, issus de la collection Famille Servais (Bruxelles), abordant le déplacement à travers une réflexion sur la frontière et ses aspects politiques.

Les lignes qui se dessinent ici sont de différentes natures.

La première évoque la route, celle qui sépare la frontière algérienne fermée à proximité d’Oujda et l’enclave espagnole de Melilla au Maroc qu’empruntent quotidiennement les candidats à l’exil pour rejoindre l’Europe. Dans sa vidéo, l’artiste colombien Marcos Avila Forero met en scène le parcours de la reproduction en plâtre d’une embarcation Cayuco utilisée pour traverser la Méditerranée. Poussée à même l’asphalte durant plusieurs jours, cette sculpture s’use et disparaît au fil des kilomètres laissant subsister dans son sillage la fine trace de son passage déposé au sol.

Il est aussi question de voyage. Un voyage sur une carte que propose l’artiste franco-marocaine Bouchra Khalili dans la vidéo Mapping Journey #5. Le parcours d’un trait noir inscrit au marqueur indélébile telle une constellation sur la face papier du monde. Des fils qui s’étirent, parfois se croisent et se recroisent. Le voyage d’un homme contraint par des circonstances politiques et économiques à un déplacement long, et dont la main et la voix nous guident, entre mésaventures, emprisonnements et bonnes opportunités, vers une destination finale dont on ne sait jamais quand ou si elle sera atteinte.

La ligne se fait également pointillé. Celle d’une marche à pied, un périple, un pas devant l’autre, qui mène l’artiste brésilien Paulo Nazareth de son Brésil natal à New York où il est invité en résidence artistique. Parti deux mois auparavant, il arrivera plus de six mois plus tard, riche d’une expérience de migration – tout à fait légale - qui lui aura permis d’apprécier les réalités d’un continent dont il cherche à se confronter aux différentes identités. Son oeuvre surgit de toutes les actions réalisées dans les pays traversés, les relations et les échanges vécus, et dont la photographie Untitled (News from the Americas) est issue.

Dans la vidéo Pippi Longstocking at Abu Dis le déplacement est d’ordre symbolique. L’artiste israélienne Rona Yefman, en collaboration avec la performeuse danoise Tanja Schandler, fait sortir le personnage de Fifi Brindacier de la fiction pour le projeter dans la réalité. S’inspirant de sa réputation de fillette la plus forte du monde et qui ne croit pas aux frontières artificielles, les deux artistes tentent de faire bouger l’énorme mur de béton qui opère en ligne de séparation infranchissable entre Israël et Cisjordanie. L’action et le comportement de Fifi Brindacier reflètent la volonté d’un changement politique promouvant l’unité et la paix.

L’activiste et artiste péruvienne Daniela Ortiz dévoile dans sa vidéo FDTD (Forcible Druging To Deport) un rapport de l’US Immigration and Customs Enforcement daté de 2011 mentionnant le nombre élevé de déportations perpétrées. Après avoir lu ce document face caméra, elle se fait injecter une dose de 55 mg de drogue régulièrement administrée depuis 2003 par les officiers exécutant les ordres de reconduites à la frontière. Elle poursuit par la lecture du traité de libre-échange entre le Pérou et les Etats-Unis signé en 2006, pointant ainsi une ligne de conduite où les marchandises circulent plus librement que les hommes.

Déconstruisant les systèmes et modèles conçus grâce à une réflexion sur les formes, les couleurs et l’apparence des choses, l’artiste péruvienne Andrea Canepa joue avec les principes organisationnels et les sens originels. Son installation Untitled (Flags) aborde la question des identités latino-américaines, en isolant les formes composant les drapeaux des différents pays et en les réorganisant par couleurs. D’une fusion de ces symboles, d’un effacement de ce qui les rendait identifiables, naît la potentialité d’une construction commune, d’une association déplaçant les lignes de contours imposées.

Les identités nationales sont également effacées dans la sculpture Souvenir de l’artiste franco-algérien Fayçal Baghriche. Un globe terrestre lumineux qui tourne si vite sur lui-même ne permet de distinguer ni les pays, ni les continents ou les démarcations qui les détachent de l’océan. La perception d’une image familière, la mappemonde et les symboles nationaux qui y sont rattachés est mise à mal. Les espaces géographiques et l’intégrité de chaque pays disparaissent pour rêver d’un monde au-delà des apparences et ré-imaginer une réalité commune, une ligne de partage.

la box _bourges

Ecole nationale supérieure d’art de Bourges
9, rue édouard-branly _BP 297
F 18006 bourges cedex
tél./ fax. +33 (0)2 48 24 78 70
EMAIL
http://ensa-bourges.fr


ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h - fermé dimanches et jours fériés

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Direction régionale des Affaires culturelles du Centre-Val de Loire, du Conseil régional du Centre-Val de Loire et de la Communauté d’agglomération Bourges Plus

Débute à 18H00
9 rue Edouard Branly, 18 bourges




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